Le nom de Simon Leblanc figure aujourd’hui parmi les requêtes les plus fréquentes sur les moteurs de recherche francophones. Alors que la majorité des humoristes peinent à franchir le cap des salles régionales, ce Québécois remplit les plus grandes scènes et affiche complet des mois à l’avance.
Son ascension ne s’explique ni par un passage télé remarqué, ni par une polémique virale. Les chiffres de fréquentation, les critiques unanimes et l’adhésion d’un public très large intriguent autant qu’ils impressionnent.
Simon Leblanc, l’humoriste qui bouscule la scène francophone
En marge des itinéraires classiques, Simon Leblanc a tracé sa route sans jamais trahir ce qui le rend unique. Originaire de Sainte-Anne-des-Monts, en Gaspésie, il porte sur scène la rudesse, la chaleur et la générosité de sa terre natale. Chaque sketch respire l’authenticité et la proximité : on y retrouve un accent, des images du littoral, mais surtout un regard lucide sur la vie, partagé avec naturel. Dans les salles de Montréal où il s’est installé depuis une dizaine d’années, le public reconnaît d’emblée cette sincérité sans fard.
Le parcours de Simon Leblanc interpelle : propulsé sur le devant de la scène lors du Festival Juste pour rire en 2013, il remporte l’année suivante l’Olivier de la découverte de l’année. Deux jalons qui l’ancrent solidement dans les conversations sur l’humour québécois, loin des effets de mode et des buzz éphémères. Mais son histoire ne s’arrête pas là. Il parle ouvertement de sa lutte contre la maladie de Crohn et la spondylarthrite ankylosante. Plutôt que d’attirer la pitié, il transforme chaque difficulté en ressort comique, maniant la dérision avec une finesse rare et tissant une relation directe, presque intime, avec ceux qui viennent l’écouter.
Le surnom de Fred Pellerin de l’humour ne lui a pas été attribué par hasard. À l’instar du célèbre conteur, Leblanc excelle à élever une anecdote anodine au rang d’histoire universelle. Sur scène, il évite la surenchère. Son style, fondé sur la résilience et le sens du détail, tranche dans un paysage humoristique parfois saturé de sarcasme ou de provocations faciles. Peu d’artistes savent faire rire si habilement avec la douleur, l’éloignement ou la précarité, et c’est là que Simon Leblanc marque les esprits.
Ce que ses spectacles révèlent sur son art et pourquoi le public en redemande
Dans la lumière feutrée de la Cinquième Salle de la Place des Arts, chaque spectateur retient son souffle devant ce one man show venu tout droit de Gaspésie. Avec Tout court, son premier spectacle solo, Simon Leblanc donne le ton d’emblée : il y est question d’exode rural, d’ancrage, de fuite, mais sans tomber dans la nostalgie. Ses souvenirs bruts se transforment en récits qui touchent tout le monde, qu’on vienne de la côte ou du centre-ville. Son humour s’alimente dans ses racines, dans le contraste entre les forêts du littoral et l’asphalte de Montréal.
Chaque soir ressemble à une discussion sincère. Pas d’artifices, pas de détours inutiles. Le rire surgit, porté par une énergie communicative. Le spectacle Malade aborde sans détour la maladie de Crohn et la spondylarthrite ankylosante. Le public se laisse aller, parfois à un rire un peu crispé, mais toujours à un rire. Chez Leblanc humoriste, la vulnérabilité se conjugue à la force, créant une signature immédiatement reconnaissable.
Pour illustrer cette alchimie, prenons l’exemple de son numéro sur le Sea-Doo. Ce qui aurait pu n’être qu’une anecdote de vacances devient, entre ses mains, une réflexion sur la liberté, le doute et le besoin d’évasion. C’est tout son art : transformer le banal en expérience partagée. Les salles affichent complet à Brossard, à Montmagny, au Club du Quartier DIX30. À chaque représentation, la sincérité de Simon Leblanc humoriste fait mouche : chaque mot compte, chaque silence résonne. Et le public, séduit, continue d’en demander encore et encore.
À force de transformer la rudesse du réel en éclats de rire, Simon Leblanc s’est imposé comme l’une des voix les plus singulières de l’humour francophone. Et il suffit d’un soir dans une salle comble pour comprendre pourquoi tout le monde en parle, et pourquoi personne ne l’oublie.


